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Résistances et cours-circuits

Publié le par Ardalia

Cher lecteurs, je suis un être limité.

 

Vous me direz que vous avez été habitués à mieux en termes de révélations sur ce blog, mais on ne peut pas toujours couper la chique à ses lecteurs, surtout si c'est à cause du dégoût.

 

De plus en plus, je suis confrontée à mon abrutissement intellectuel. Je ne parle pas de cette tendance à ce que l'on pourrait appeler la culture par le bas, à savoir lire des livres faciles, voir des films idiots ou pratiquer des activités abrutissantes. Ce n'est plus tellement à l'ordre du jour, car trop de facilité m'ennuie désormais et j'en suis réduite à chercher le difficile (un minimum) pour trouver quelques satisfactions.

Non, je ne parle pas de culture, mais de résistance intellectuelle effective à certains domaines du savoir. Il ne s'agit pas simplement d'un désintérêt profond, mais bel et bien d'un refus pur et simple de réfléchir à certaines choses comme, par exemple l'argent et les comptes. Mon cerveau refuse d'enregistrer la moindre information à ce sujet, cela reste nébuleux et ma réticence, palpable, si elle est forcée, se traduit par un abrutissement immédiat : mon cerveau refuse de penser à cette question. En pleine lecture géopolitique ou économique intéressante, accessible et claire, je vais bailler, avoir faim, soif, envie de me gratter, une chanson qui se lance dans la tête, etc. autant de manifestations qui ne trompent pas.

 

Je vois bien que ce sont des défenses infantiles contre le monde des adultes, une façon de ne pas mûrir et de ne pas me responsabiliser. Lors d'une conversation récente, j'ai pu me remémorer assez douloureusement que chaque fois que j'avais travaillé à l'école ou à la fac, c'était pour quelqu'un, une figure designée comme "adulte" qui me distinguait parmi les autres (si ténu que soit cet égard).

Ce symptôme de résistance, je l'éprouvait contre ma mère, en allemand, langue qu'elle m'avait imposée contre mon désir et que j'ai honnie avec persévérance. Pourtant, alors que j'amais mieux l'anglais, je n'ai eu que 10 au bac dans cette matière et 12 en allemand. J'avais une heure (ou deux ?) d'allemand en plus chaque semaine en terminale, car du fait de mes handicaps, j'avais droit au "tiers temps", ce qui signifie que j'avais un tiers de plus de temps que les autres pour les épreuves et pour conforter cet aménagement, le rectorat payait trois heures de cours supplémentaires hebdomadaires. La seule chose à retenir est que j'ai fini par être touchée par ma professeur d'allemand, toujours gentille et encourageante, malgré mon attitude parfois irrespectueuse et un peu agressive. Elle ne comprenait pas mon hostilité et persistait dans sa bienveillance professorale. Elle a gagné ainsi mon recpect et c'est donc par reconnaissance que j'ai fini par travailler vaguement, retenir vaguement diverses choses, assez pour obtenir cette note, disons, relativement honnête.

Plus flagrant : j'ai eu mon DEUG en passant les épreuves de rattrapage, obtenu la licence au ras des pâquerettes et décroché 17 à la maîtrise. Parce que j'étais distinguée sur la masse, reconnue et surtout parce que mon directeur de mémoire m'a fait ce don inouï de croire en moi et de me le dire. J'ai les larmes aux yeux en écrivant cela, car ma reconnaissance est encore immense.

 

Ce qui ressort dans ces exemples de refus de l'effort ou de son acceptation, c'est que je vis asservie à la reconnaissance, qu'elle me soit donnée ou refusée. C'est un problème dans une vie d'adulte, dans la mesure ou cela ne permet pas de mener une vie d'adulte, tout simplement.

 

J'imagine parfois que je prends des cours et c'est une répétition de mon petit schéma idéal : un professeur humain et bon me distingue et pour l'épater je deviens excellente, voire brillante dans ce domaine où je ne m'attendais pas. Est-ce que toute ma vie sera comme ça ? Cela semble très difficile à tenir. Il y a des choses, pourtant, où je n'attends rien et travaille sans reconnaissance, par exemple dans mes lectures littéraires, dans mes réflexions spirituelles ou, mieux, dans le sport que j'aime, (et qui me manque !) la musculation, qui est si rédhibitoire d'imbécilité aux yeux de presque tout le monde ("surtout pour une femme").

 

Forcer ne sert qu'à verrouiller un peu plus, laisser faire n'est pas du tout une solution, il faut donc évoluer. Je dois purger mes rancœurs, les vider à fond, lessiver la colère, pardonner, me pardonner et m'ouvrir enfin à plus de liberté. Il me suffit de penser à cela pour sentir vibrer en moi l'attachement à la rage, l'obstination coléreuse, la ténacité farouche de la résistance... Ça ne s'annonce pas comme facile, c'est le moins que je puisse dire.

 

Depuis deux jours, je chante par intermittence "Lovefool" des Cardigans "love me, love me, say that you love me" et "Qu'il est loin l'amour" de Nana Mouskouri, mais je commence à comprendre que c'est avant tout à moi que je m'adresse.

Aime-toi et le ciel t'aimera...

 

 

La paix soit avec vous, chers lecteurs.

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Moi 20/01/2011 21:31



bienvenue dans ce nouveau monde, celui ou les redites ne sont plus plaisantes.


Divaguations....


A Jérusalem, il existe une unité psychiatrique, pour des touristes ayant pété un cable, saisis par l'ampleur du lieu.


Une personne, soudain reçoie l'illumination.....


Disgression.. "En gros" dans un PC, il y a un programme de base, pour lire la partition, celle ci ordonnant les programmmes chargés... ok?


Chez l'humain, le programme de base est constitué de deux trucs, l'instinct de survie et l'instinct de reproduction....


ça, ça lit la partition constitué par nos gènes, et de là, les programmme chargés à chaque souvenir


Mais si, avec une illumination, ces deux bases deviennent caduque....


Plus d'instinct de survie, t'as plus peur de la mort, et plus d'instinct de reproduction, car tous les désirs perso sont dans/vers le DIEU!!!


Du coup, la partition ne lit plus l'expérience, mais lit DIEU...


et y trouve LE plaisir, la satisfaction


comme un alcoolique avec chaque nouvelle bouteillle,


ou un anachroète avec chaque nouvel enseignement...


Je ne veux rien t'apprendre, c'est juste pour voir ce que tu penses de ça...


Excusez moi pour le tutoiement.


Avec tous mes respects....


 


 


 



Anna 12/01/2011 14:39



Je vois bien que ce sont des défenses infantiles contre le monde des adultes, une façon de ne pas mûrir et de ne pas me responsabiliser. Lors d'une conversation récente, j'ai pu me remémorer
assez douloureusement que chaque fois que j'avais travaillé à l'école ou à la fac, c'était pour quelqu'un, une figure designée comme "adulte" qui me distinguait parmi les autres (si ténu que soit
cet égard).


Est-ce que ce n'est pas le cas de baucoup de gens ? J'ai progressé à une vitesse étonnante en anglais grâce à un prof qui avait une voix douce et des yeux à mourir... Les profs d'allemand, eux,
manquaient de grâce. ;-)


En théorie on devrait s'affranchir de ça ? Oui, peut-être. Mais c'est ton cas sur certains sujets, comme tu le dis. Pour ce qui ne t'attire pas vraiment, l'affection, le besoin de reconnaissance,
allez, soyons fous et risquons le mot d'amour, vaut bien une autre raison...