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L'occasion

21 Août 2011, 22:39pm

Publié par Ardalia

Chers lecteurs (ouh ouh, il y a quelqu'un-hun-hun ?), il est tard, je suis à demi assommée par cette journée qui fut très chaude, mais mon blog ayant été évoqué ce soir à table, je me suis dit que c'était l'occasion de vous faire un signe.

 

Il se trouve qu'en Novembre de l'année dernière, j'ai déménagé de mon appartement toulousain pour emménager avec deux amis colocataires qui se partagaient une maison en banlieue et dont le surnom célèbre est Couvemaison. Ce soir, avec S., nous avons parlé d'internet et surtout des relations que nous y entretenions, car elle vient de fermer son compte Twitter. Dans cette discussion, j'ai réalisé que Twitter, bien plus que FB, me tient éloignée du blog.

Bien sûr, il y a la question du temps, qui semble passer vite sur Tw, car si l'on suis beaucoup de gens, les publications sont nombreuses et quasi continues. Mais surtout, je crois que j'y lâche bien des choses qu'auparavant je gardais et remâchais plus ou moins longuement avant d'en faire un billet où, malgré ma manie du premier jet tout cru, Je cultivais un art et une manière d'écrire qui ne déplaisaient pas à tous.

Mais en vérité, expliciter les choses m'est très difficile. J'ai dit à quelqu'un qui m'a comprise — et ce fut un grand soulagement — que lorsque j'écrivais, ma tête faisait comme un moteur de voiture que l'on pousse, alors que le frein à main est fermenent serré... Parmi un brouhaha de pensées diverses, il faut faire un tri rigoureux, ce qui est rarement facile, et ne placer que ce qui se rapportera au propos d'une façon à la fois logique et souple. Avant même d'avoir fini d'écrire cette phrase, j'étais déjà en train de penser à une conversation autre... C'est là que Twitter est mon ami.

Je m'y livre sans retenue à cet art de la concision lapidaire qui me donne beaucoup de satisfactions — Choisir les bons mots, trouver la figure efficace, etc. —.Et surtout, aller très vite.

Twitter me sert aussi beaucoup à diffuser des liens, comme FB et maintenant G+. Lorsque je lis quelque chose que je trouve essentiel, il me semble que ma diffusion est toujours trop faible, je voudrais pouvoir le clamer sur les toits.

Et puis il y a un aspect plus sombre ou pathétique, comme on veut. J'ai vécu seule très longtemps et même avec mes colocs, je ne partage pas tout ce que je voudrais dire. Par allieurs, notre colocation prendra fin inéluctablement l'an prochain, lorsque notre bail touchera à son terme. Et cela me renvoie à ma solitude, indéracinable, abyssale. Ceux d'entre-vous qui lisaient mon précédent blog se souviennent sans doute de mon désespoir quant aux commentaires, lorsque ceux-ci venaient à manquer... Je me sentais étouffée par ce vide et c'est toujours le cas aujourd'hui. Je trompe ma solitude par ces bruissements écrits, cette fibrillation de propos divers et éparpillés, ces indignations, ces enthousiasmes, ces colères, ces mots gentils. Je trompe mon angoisse, sauf quand je la regarde dans les yeux, que je me vois trembler, que je me vois dans cette attente pathétique de qui me répondra, qui sera là pour moi...

En cela, le blog est moins fiable, car je ne suis pas de ces personnes qui drainent les foules et sont charmantes au point que tout un chacun ait envie de se faire connaître à leurs yeux. Ce n'est certe pas la solitude qui enseigne l'art de la séduction, en écrits comme en paroles ou en artifices vestimentaires. Twitter m'est un palliatif au vide, à l'absence, l'abandon que je porte comme un éternel enfant et qui, tel le petit renard de l'histoire, me ronge de l'intérieur...

 

Voilà, ces quelques mots sur un réseau social, ma réflexion ne va pas loin, mais je me suis dit que c'était l'occasion de vous saluer, de... partager.

 

Si ça peut vous rassurer, S. trouve que dans la vie, je suis moins sombre que sur mon blog. Cela pourrait faire l'objet d'un autre billet...

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sel 31/08/2011 14:08



Moi aussi, cela me fait plaisir de te relire en ces lieux.


Sais-tu que tu es la première à me donner un peu envie de m'inscrire à Twitter ? Jusque là, j'avais surtout vu ça comme un gadget inutile à part se tenir au courant à la seconde près (ce que je
ne recherche pas plus que cela)


Parce que face à l'écriture, je ressens un peu comme toi, tout qui s'emmèle, et du coup, j'abandonne. Alors, du coup, Twitter, pourquoi pas, finalement.


Merci !



Ardalia 31/08/2011 16:23



Fichtre, Sel, me voilà investie d'une reconnaissance embarrassante ! En effet, est-ce une bonne chose de se lancer sur Twitter ?


Ma foi, tu verras à l'usage, d'autant qu'il est bon de se faire une idée par soi-même. Certains arrivent, d'autres s'en vont, lassés, mais rien ne remplace l'expérience.



mume 31/08/2011 13:21



Je suis très contente de te retrouver enfin, ici !


Reviens nous souvent, je t'embrasse...


 



Ardalia 31/08/2011 16:20



Je t'embrasse aussi, Mume, à bientôt. :)



damotchka 30/08/2011 23:33



Ardalia, je fais partie de ces lecteurs de l'ombre qui n'ont jamais osé laissé de traces sur ce blog et je me rends compte à quel point ceci est égoïste. Ce que vous écrivez me touche et m'émeut
beaucoup mais ma timidité, l'impression de ne rien avoir à dire qui soit à la hauteur de votre réflexion et la peur de ne pas savoir exprimer avec justesse ce que je ressens en vous lisant ont
jusqu'à présent retenu mes mains sur mon clavier...


Alors puisque je me jette à l'eau aujourd'hui, je tenais à vous dire que bien que sombres parfois, vos écrits m'ont très souvent menée à une reflexion et une introspection profonde. Vous possédez
également une "voix" singulière que je n'ai "entendue" nulle part ailleurs. J'espère que vous continuerez à partager votre chemin avec nous...



Ardalia 31/08/2011 16:19



Merci beaucoup Damotchka ! Et bravo pour ce premier commentaire très réussi ! ;)


Je ne pr^che pas pour des commentaires systématiques, il est en effet plus agréable de lire des mots quand quelque chose est dit réellement. Bien souvent, sur d'autres blogs, je m'agace de
vacuité de certains propos, mais enfin, en vérité, il y a toujours quelque chose qui est dit... À Bientôt !



L'impatiente 23/08/2011 11:39



Je partage ce que tu dis sur l'absence de commentaire, je ressent aussi cette frustration dès fois puis je me souviens que je commente peu (par exemple ici c'est la première fois alors que je lis
ton blog depuis...) parce que : je suis trop touchée, je me sens nigaude, je trouve que je n'ai rien d'intéressant à ajouter, parce que j'ai la trouille de donner mon avis sur des sujets intimes,
d'être décalée, bref je n'ose pas! Mais j'aime beaucoup ici et oui y'a quelqu'un ! (en plus j'avais pas du tout réalisé que c'était toi, et comme tu m'avais dis que tu avit un blog je cherchai à
deviner lequel de ceux que le lit, mais celui-ci je n'y avait pas pensé, c'est drôle...)



Ardalia 23/08/2011 13:42



En effet, c'est amusant ! En tout cas, bravo d'avoir bravé cette timidité... internautique. Et merci pour ton commentaire. :)



tinkiett 22/08/2011 11:33



ça me manquait, tes billets. Alors le prochain, sur la sombritude?



Ardalia 22/08/2011 11:59



Aucune idée ! Mais pourquoi pas...