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Je suis brisée.

Publié le par Ardalia

Chers lecteurs, il n'est pas aisé de communiquer avec son psychisme.

 

Pourtant, avec les années, j'ai pris l'habitude d'interpréter mes rêves. D'ailleurs, je ne fais jamais deux fois le même et s'il y a des rappels, c'est pour me signifier à moi-même que la situation a changé. Ce rêve-là, je ne l'avais jamais fait et j'en ai parlé lundi à mon psy, mais dans le cadre de ce que j'avais à dire ce jour-là, en passant une partie importante que je ne comprenais pas. Ce n'est qu'hier, en le racontant à nouveau que j'ai fini par admettre que cette silhouette noire à chapeau ne pouvait être que mon grand-père et qu'il était question de sa mort. Dans la partie suivante du rêve, je suis en butte avec l'indifférence de ma mère et je me suis réveillée en lui criant "Mais tu n'en as rien à foutre de moi !" dans une exclamation accusatrice. Si mon calcul est raisonnable, cela raconte comment je me suis sentie abandonnée par ma mère lorsque son père est mort et qu'elle a sans doute été emportée par son chagrin. Pourtant, dans ma mémoire, aucun souvenir ne s'ouvre, aucune image ne remonte, aucun sentiment n'éclate.

 

Je suis juste flippée. Comme tous les ans depuis dix ans, au mois de février, mon dos me fait particulièrement mal. Mais cette année, je dors mal, je me réveille presque toujours en milieu de nuit sous l'effet de la tension et cette nuit, je n'ai presque pas pu redormir après. Je voudrais qu'un médecin puisse ouvrir mon cerveau comme une pastèque et en tirer toutes ces informations qui me hantent sans se découvrir. C'est dans cet esprit que j'ai envoyé un mail à deux personnes qui pratiquent l'hypnose, un psychiatre et une psychologue. Cela fait trois ans, maintenant que je ne peux plus marcher plus d'une heure sans avoir la jambe droite qui me fasse souffrir et finisse pas me désobéir en réduisant petit à petit l'amplitude de mon pas. Il semble que ce soit la conséquence de la tension de mes muscles psoas qui entraine la tension du fascia-illiaqua et la compression du nerf au niveau de la colonne vertébrale. Trois ans que les ostéopathes me font craquer dans diverses positions sans que le mieux ressenti m'ait permis de retrouver ma mobilité totale.

 

Mais là, je ne marche pas et mes muscles se tendent d'avantage, toujours la nuit, doublement dans le dos... Pour me détendre, je dois nager, mais j'ai peur de l'eau et pour la surmonter, il faut être au calme et toutes les piscines ici sont bondées. Je ne sais plus quoi faire pour m'aider.

Je n'ai pas eu d'autres radios des lombaires (trois discalgies) depuis 2008, j'ai des avis divergents sur ma lordose-cyphose simple selon l'une, doublée d'une scoliose selon l'autre (l'autre qui m'a fait une infiltration, mettant le feu dans un malheureux nerf qui ne disait rien). Les tensions ne tombent pas du ciel, mais la médecine occidentale ne sait que parler de piqûre, peut-être d'opération, un jour. Comment voulez-vous ne pas être en colère contre un système qui prétend mettre le corps et le cerveau dans deux boîtes étanches, étrangères l'une à l'autre ? Un système qui ne s'occupe que des symptômes et pas de leur origine ? A qui faire confiance quand personne ne semble pleinement compétent ? Sur quoi compter quand mon corps même me lâche, me condamnant à l'immobilité, à l'angoisse du néant, du rien ?

 

Je suis tellement flippée que je n'arrive plus à réfléchir quand je suis seule, il me faut la distraction d'une autre présence pour me sortir de cette inquiétude empoisonnée. Je compense et mange des sucreries, anéantissant des semaines de raison gardée (sans privations), reprenant les kilos durement perdus, en fouaillant mon ventre de jet acides, brûlant mes boyaux sur toute leur longueur. Il y a deux jours, j'ai même eu une réminiscence de ma vieille peur des gens, celle qui m'a tenue clouée chez moi des années, celle qui me faisait répéter mon "texte" avant d'adresser la parole aux caissières. J'ai cru suffoquer, mais la vision est passée très vite, heureusement.

J'aimerais pouvoir dire que c'est la tempête, mais il n'y a pas d'éclat. Je m'engourdis, en pensée comme en actes, asphyxiée par cette peur primaire incontrômable, indépassable, inaccessible dans les tréfonds de l'enfance oubliée.

Si au moins je rêvais, si je pouvais me souvenir, vagir un bon coup chez le psy et chez moi, purger cette terreur qui me brise le corps ! Si seulement...

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