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Anecdotisme verbeux.

1 Octobre 2012, 19:05pm

Publié par Ardalia

Je ne suis pourtant pas une grande férue d'anecdotes, surtout quand c'est la seule façon d'exister que trouvent les gens, mais je reconnais que l'anecdote fait partie du ciment social, parmi les sujets de conversations qui aident à connaître l'autre, à la fois à travers l'événement, mais aussi à travers son récit. Et puis, surtout, j'en crève, au quotidien, de n'avoir personne à qui raconter mes minuscules aventures, celles qu'il me suffit de dire une fois pour en être débarrassée, le plus souvent.

Du coup, je vais faire de ce blog ma meilleurs amie, le temps d'un billet. 

Mon régime se passe bien, merci, à part pour ce qui concerne le chocolat, dont je ne parviens plus à me priver complètement. Pour le reste, ça va. Les menus problèmes tels que la taille des pommes du goûter (il a fallu en discuter avec mon médecin. Comment peut-on avoir à "discuter" à propos de quelque chose de si dérisoire ?!) ou la taille des filets de poulet (désormais divisés) trouvent gentiment leurs solutions. Je me fais une tambouille que d'aucuns trouveraient sans doute infâme et que j'adore, agrémentant tout de crème de soja, de beurre et d'un mélange d'épices d'une fameuse marque de bouillon. Je trouve que cela donne "un exquis goût à tout", comme la sauce à la menthe (je crois). Et puis, il faut ruser, car le midi, je dois manger 40 grammes de pain alors même que je n'ai pas droit au fromage (le soir, si) ! Face à ce défi, j'ai résolu de fabriquer un maximum de sauce à mon plat, afin de pouvoir agrémenter le pain. Il n'est pas une seule fois que je sauce avec application mon assiette sans que je me demande si je conserverai cette déplorable attirude et deviendrai, comme mon géniteur, un grossier personnage à table avec le temps. Je ne peux tout de même pas laisser passer une occasion si belle de culpabiliser sur le néant. Ahem. 

On me rétorquerait avec raison que je prends du pain aux céréales et que la bonté ineffable de celui-ci devrait me suffire, sans que j'eusse besoin d'y adjoindre un quelconque agrément. Alors, certes, je vois qu'on ne m'épargnera nul médiocre argument... Certes, le pain aux céréales est un délice pur et passer à coté suffit à me chatouiller les narines et les papilles gustatives d'un plaisir anticipé, certes ! Mais je rappelle à mes contradicteurs que je suis seule à manger ce pain, que je n'en mange que deux fois par jour, à raison de 40 grammes (80 au total et à la louche), ce qui, on me l'accordera sans peine, tout en étant conséquent, n'est tout de même pas bezef-bezef... Or donc, si mes chipoteurs veulent bien me suivre sur ce terrain, le pain n'est pas très vite consommé et, partant, par la vertu d'une hygrométrie défavorable, la dessiccation tend à altérer la bonté initiale dudit pain. Que celui-ci durcit, perd de son parfum, en un mot : rassit. Je voudrais vous y voir, à manger du pain rassi tous les trois jours ! Allez, c'est facile d'attaquer si bas, allez, remballez vos chicaneries et n'en parlons plus.

Nonobstant, et malgré une bonne volonté d'autant plus motivée que les exercices en sous-vêtements chez le kiné mettent en évidence d'épouvantables perspectives sur d'horribles pâtés graisseux et grumeleux pour ainsi dire exhibés par la poussée musculaires et qui tremblottent mollement sous l'effort, je perds peu. 

Je perds peu et pourtant mon endocrinologue (le grand ordonnateur de ce régime alimentaire) est très content de moi, car pendant que je perds peu, je fais du muscle. Et cela, vous n'en avez peut-être pas conscience, mais c'est formidable ! Eh oui, parce que cette prise musculaire est le garant tutélaire de la véritable pérénité de ce régime, je perds peu, mais je perds durable ! Je perds écologique ! Je perds équitable ! Reprenons, je sens que je perds aussi mes lecteurs. Ainsi donc, par la puissance d'une bougeottomanie d'autant plus excitée que les régimes me stressent, il me fallait absolument trouver à la dépenser sans douleurs déplacées. Je fis donc le tour des salles autour de chez moi et choisis celle-ci, très jolie, propre, peu éloignée de mon domicile et offrant des conditions tarifaires me satisfaisant. Je me jettai dans l'exercice avec enthousiasme, avec ardeur — pour ne pas dire fébrilité — renouant avec l'élyptique et diverses machines sans noms margré leurs formes spectaculaires. Je vis non sans satisfaction que les vieux muscles à l'abandon répondent bien plus vite et mieux que de jeunes muscles maigrelets qu'il faut épaissir. Mes bras répondirent présent, mes abdominaux aussi, à ma grande surprise, même mes jambes, dont je pensais pourtant — avec désolation — avoir tout perdu. Pfuit. Point du tout ! Elles étaient là, il étaient tous là, mes braves muscles, mes semblables, mes frères !

Malheureusement, ces aventures heureuses se joignirent à la plaie qui me gâche la vie depuis des années maintenant, à savoir, le mal de dos. Certes, le traitement posturologique m'a fait beaucoup de bien, mais pas au point d'éliminer toute douleur. De plus, la conjonction de diverses choses comme ma négligence dans le sevrage du traitement, un régime amaigrissant, une brusque montée de stress, la reprise intensive du sport et l'exercice d'un dos complètement flappi firent merveille pour multiplier les petites douleurs qui devinrent vite grosses... Je vis donc un médecin qui m'envoya me muscler le dos chez le kiné. Je vous ai déjà parlé de mon kinésithérapeute, il est toujours très beau et gentil, mais désormais, il me fait du mal pour mon bien. Nous sommes passés de massages exclusifs à massage puis exercices afin de gainer mes lombaires d'une musculature tonique et efficace dans le maintien du tronc. Je suis donc pleine de petites anecdotes de table de praticien ! "Hiiii" comme on dit sur Twitter. Je passe les douloureuses questions des sous-vêtements — pas çui-là, vraiment trop pourri / gris / transparent / frangé de bouts d'élastoques tout cuits —, les questions de poils — Rah, j'ai des poils là-oh-pis-merde-on-s-en-fout —, je passe la gestion de la position des mains — crotte j'ai des fourmis, tiens, je touche son pied / sa hanche / son... oh ! Non ! (non) —, pour en arriver au drame dont je ne suis pas encore remise. Une trahison, une infâmie, une forfaiture affreuse... Informant mon kiné que je faisais un régime, ce cuistre n'a rien trouvé de mieux à dire que : "Ah bon ? Mais euh, vous av... enfin vous allez le faire ou c'est déjà commencé ?" J'ose croire qu'il a senti la glace autour de ma réponse "J'ai commencé, déjà..." J'aurais voulu le fussiller du regard, mais allongée sur le ventre, c'est difficile, je l'ai donc fusillé des omoplates. Comment ! Ce foutriquet, ce cornichon, ce vil godelureau hormoné ne s'est pas aperçu que je fondais littéralement sous ses doigts de crapaud moisi et que je m'étais allégée de plus d'UN kilo et M'MI ! Comment a-t-il osé ne pas apercevoir les prémices frémissants d'une sveltesse naissante à l'horizon d'un corps aux courbes patatescentes, il faut le reconnaître ? Je ne lui pardonnerai jamais. C'est bien triste, car je dois le revoir encore et encore, subir ce regard cruel d'une jeunesse qui ne pardonne rien, m'avilir dans des postures ridicules, en chaussettes, à l'écouter me donner des ordres et — je lui accorde cette condescendance — partir afin de me laisser faire ma petite gym toute-seule-comme-une-grande.

Ah ils sont beaux, les éphèbes, sans cœur, sans merci ! 

 

Oui, oui, bon, ça va, j'exagère UN PEU. Mais sans cela, que valent les anecdotes ? ;)

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brendufat 02/10/2012 16:32


--- grand silence estomaqué ---


Ah ben toué tu sais parler aux/des hommes ! :-D

Ardaliamégère déprivoisée 02/10/2012 20:34



Qu'est-ce que tu veux, avec un kiné comme ça, pas besoin de mari ! ;)



Anna 02/10/2012 03:12


D'accord avec toi sur l'exagération indispensable aux anecdotes. Le plus drôle étant l'ampleur prise à chaque fois qu'on la raconte... En un an, une petite anicroche de rien du tout avec un
coiffeur peut devenir une histoire homérique qu'il faut une demi-heure pour raconter, au moins !

Ardalia 02/10/2012 20:22



En ce qui me concerne, seul l'écrit me permet cette enflure, car garde raison quand il s'agit de raconter mes petites aventures. Si on a l'occasion de se revoir un jour, je te demanderai cette
histoire de coiffeur ! ;)