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A mon sens, en tous sens

Publié le par Ardalia

Chers lecteurs, depuis quelques temps, je m'interroge beaucoup sur les fonctions du discours.

 

Il y a quelques temps, sur FB, un "ami" catholique a posté sur son mur un lien menant à un article de La Croix montrant que l'Eglise organisait des groupes de parole et de consultation, pour évoquer les questions de sexualité. Il était question du soulagement de jeunes couples (à propos de pratiques ou de méthodes anticonceptionnelle, l'article ne le précisait pas) et, dans les groupes de discussion, d'éclairage de "ces zones d'ombres" que sont "la masturbation, l'homosexualité et la pédophilie".

Je réagis en commentaire en citant le paragraphe entier et en exprimant mon écoeurement devant cette coordination. L'"ami" répondit, non à moi, mais à quelqu'un qui ne comprenait pas ma réaction que "la gradation" ne le gênait pas.

Ici, il faut examiner les mots de près pour bien comprendre ce qui se joue. La coordination, en grammaire, consiste à placer divers objets (adjectifs, etc.) côte à côte, sans établir a priori de hiérarchie, sauf dans l'ordre croissant ou décroissant d'importance. Ici, il y a un ordre croissant dans le calamiteux : la masturbation, c'est mal, l'homosexualité, c'est très mal, la pédophilie, c'est épouvantable. En ce qui me concerne, le jugement moral me heurte, car je ne considère pas que la masturbation ni l'homosexualité doivent faire l'objet d'une condamnation morale quelconque. Dans ma vision des choses, le seul acte répréhensible est celui qui détruit l'autre, à savoir ici la pédophilie.

Mais mon ami est allé plus loin, il parle de gradation. La gradation, qui implique un descendo ou un decrescendo des termes énumérés ajoute une dimension commune à tous les termes, ils procèdent différemment d'une même cause, ils se suivent, ils ont partie liée entre eux. Ici, c'est tout à fait logique dans l'optique catholique qui fait de toutes ces pratiques sexuelles, des "zones d'ombre", avec toute la charge idéologique qu'impliquent ces termes qui rappellent furieusement le royaume des ombres, le lieu diabolique.

Je crois que j'ai juste évoqué mon épouvante devant cette vision des choses et suis allée voir ailleurs si j'y étais. Ou plutôt, je me suis laissée entrainer dans les coulisses par un jeune catholique aristocrate idéaliste qui me raconta assez rapidement que, de par son éducation, il avait longtemps été pour la peine de mort, mais qu'un ami athée l'avait obligé à changer d'avis, en l'amenant à penser que la rédemption est toujours possible.

Je le félicitais de cette progression idéoligique et lui demandais aussi sec, puisqu'il était catholique, pourquoi diantre la seule parole de Jésus hebdomadairement ouïe (j'espère) ne l'avait pas convaincu ? Il ne répondit pas.

C'est bien la preuve, si on veut bien me pardonner cette plaisanterie, que l'amour ne suffit pas... En effet, la révolution permanente que propose Jésus, le grand manitou catholique, c'est celle de l'amour. On adhère ou non, peu importe, le fait est là, la parole du créateur de cette religion est celle de l'amour, point final. Cela dit, a priori, j'ignore si Jésus a parlé de Sodome, d'Onan ou de Pédophile, mais quelque chose me dit qu'il était quand même surtout question d'amour, de pas chercher la petite paille et de pardonner sept fois soixante dix-sept fois (ce qui signifie sans relâche, m'a-t-on dit au caté).

Alors comment un jeune homme dont l'esprit aurait dû se préoccuper de compassion et de révolution de l'amour s'est-il retrouvé à être en faveur de la peine de mort ? Tu ne tueras point...

 

En ce qui me concerne, ma pensée s'est frottée à la littérature, la philosophie et la psychologie, qui plus est, j'ai vu et ressenti à travers ma propre analyse, comme la diabolisation, la honte et la violence sont destructeurs pour un individu devant vivre parmi ses semblables. Pourquoi détruire un individu qui ne détruit personne ?
Vous savez, dans "religion", il y a "lier", lier les hommes, lier la société, faire que chacun accepte de vivre en paix avec les autres. Pourtant le discours des religions -je parle de celle que je connais le mieux, mais rien ne me dit que les autres valent mieux- commence par une rupture, "moi j'"en" suis et pas toi, chien d'infidèle". En vérité, le discours catholique est le fruit d'une sédimentation idéologique et historique figée et rigide (et Dieu sait s'ils s'y raccrochent), quand tout montre, à travers l'étude des idées et des histoires, et même à travers les rebondissements de l'actualité combien un positionnement "juste" est difficile à trouver, combien la corde est raide et la chute aisée. En général ici, ils vous rétorquent que l'humilité et la prière prouvent qu'ils ont eut raison à travers les âges et suffisent encore aujourd'hui, mais alors quid de ce jeune homme si typique de son milieu catho de droite ? Manque d'humilité ? Il s'est quasi flagellé moralement pour avoir osé me tutoyer en public, le cher enfant...

 

Chaque jour je constate combien il est difficile de sortir de son univers de discours réconfortant (les riches sont pourris, les pauvres sont des animaux) car le chaos du monde est fort angoissant. Pourtant, mais peut-être est-ce mon petit discours à moi, la petite histoire que me raconte pour rêver, je crois qu'un dégagement est possible. Pas total, car c'est impossible et ce serait absurde, mais suffisant pour nous donner les moyens d'une réelle liberté intellectuelle ouverte aux changements. Dans le Tao, il est question d'être hic et nunc sans rien projeter, dans la psychanalyse, il est question de faire sauter les tabous, dans la mystique, il est question de vivre l'amour et l'adoration sans la moindre retenue, etc. Les voies du dégagement sont multiples et l'on s'aperçoit vite, en allant sur cette route que la jubilation de cette "déprise" des idées bien carrées est bien plus grande que la peur d'avant le premier pas. Au fond, rien n'est évident et tout est absolument évident, au même moment...

 

Et vous lecteurs, n'y a-t-il pas des entournures dont vous avez été bien contents de vous débarraser ?

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ArdaliaJ'ai 11/05/2010 23:22



Cette démonstration est foireuse ! Trop de choses mélangées !


Enfin bref, une information est marrante à conneître : il a été montré cue les hommes s'étant beaucoup masturbés avant leurs 20 printemps sont moins sujets que les autres au cancer de la
prostate. Une histoire de stagnation dans les bourses, mais pas seulement, car les hommes qui ont eu une acrtivité sexuelle en compagnie ne bénéficient pas de cet avantage qui est réservé aux
branleurs. J'aime quand la science a de l'humour.