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Le discours selon Larfeuille

Publié le par Ardalia

Je viens de voir le journal de France2 où, entre autres choses intéressantes, Yamina Benguigui disait que la communication sur la grippe "C'est pas plus mal" citant l'exemple du danger qu'est le sida. J'avoue n'avoir pas écouté la suite, plongée dans mes pensées. Pourquoi ne pas faire pareil pour le sida, effectivement ? Pourquoi, par exemple pendant toute la durée des vacances d'été, les journaux ne donneraient pas le nombre de tests positifs révélés la veille dans les laboratoires et les hôpitaux français, avec ce ton dramatique, cette vibration, cette urgence ?
Parce que cela coûterait du temps, de l'argent et ce n'est plus sexy comme info. Que la grippe A ait moins tué que le sida n'entre pas en ligne de compte, car contrairement au sida, elle peut toucher n'importe qui. Pour attraper la grippe A, pas besoin de "comportement à risque" ou de dépravations de drogués, gauchistes fauchés, pédés et autres maladroits (pauvres Africains "génocidés" par ce pape "nazi" qui "dérape" tout le temps), la grippe A peut même tuer (car qui dit pandémie dit mutation du virus et donc traitements à la traine, course au vaccin, perte de temps et donc d'argent) et tuer mêmes les riches, rendez-vous compte ! Un scandale !
Le sida, lui, il ne passera pas par nous...

Je lis en ce moment Rêves de droite (Zones, Ed. de la Découverte, Paris, 2008) de Monat Chollet (son site), un excellent livre qui décrypte les manoeuvres de la communication de la droite (et de la gauche ou, disons, des socialistes en vue) et la façon dont nos psychismes sont conditionnés à recevoir l'idéal selon la droite : richesse, minceur, bonheur. Ce bouquin m'amène à réfléchir pas mal à ce qui se dit, la façon dont le discours est vendu. Par exemple, la "moralisation du capitalisme", cet oxymore que le gouvernement nous chante sur tous les tons sans désemparer. Vous aurez beau dire que l'essence même du capitalisme est strictement amorale, qu'on peut le brider (si on le veut, cf F.Lordon à ce sujet) mais en aucun cas le "moraliser", l'expression fait florès et personne ne s'étonne de ces mots dans la bouche de celui dont la première mesure fut d'enrichir les riches en instaurant le bouclier fiscal.
A coté de cela, il est souvent question de la "gauche moralisatrice", sous-entendu coincée, impuissante, hargneuse et castratrice... C'est fou comme la moralisation est changeante selon la couleur sur laquelle on l'applique. Tous solidaires face à tous concurrents nous est vendu comme : "tous asservis face à tous libres" avouez que le choix devient difficile.
Ma mère pense que si Jésus revenait, il serait de gauche, mon père la laisser dire, même s'il sait que c'est absurde, car c'est surment lui qui a lancé l'idée. Je crois que la seule politique de Jésus, c'est l'amour, la valeur la moins récupérable qui soit et la plus récupérée, vendue en barquette comme des sardines dans la bouche de Johnny ventant son copain Nico (je cite de mémoire) "Cet homme aime sa famille, donc il aime son pays". Le messianisme selon Santa Barbara...
Bon je divague toute seule, excusez-moi.

Je n'ai pas connaissance d'assez de blogs dépiautant le discours, ou alors ils sont de partis pris (de droite comme de gauche), si vous en connaissez, merci beaucoup de communiquer leur URL dans les commentaires ou par mail.

Bon dimanche à tous.

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Caritate+Libertine 11/05/2009 10:25

Puissiez-vous divaguer chaque jour ainsi, chère Ardalia ! Soudain, je me sens moins seule... hormis que je n'ai pas votre talent pour l'écriture.

Ardalia 11/05/2009 12:18


Je ne divague que trop, j'en ai peur, même si cela ne paraît pas tous les jours...
:)


Djac Baweur 10/05/2009 18:09

Ha ben merdouille, je le connaissais pas ce livre de Mona, ça me donne bien envie, tiens.Et en attendant : "Lor-don président !" (et Mona premier ministre) 

Ardalia 10/05/2009 18:35


Y a une excellente interview d'elle là, sur Article
11.
Il est interdit de militanter sur les murs, non mais.