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Attent dû.

Publié le par Ardalia

(Ce texte pourrait faire une chanson, je crois)

Encore et toujours, malgré le temps qui passe et la colère qui s’épuise, j’attends un père, je cherche mon père. Je suis si fatiguée de me battre contre ma prison de sottise, de lâcheté, de frayeur. Il n’y a pas, n’y a jamais eu, n’y aura jamais de tuteur, de guide, de re-père. Mon ire indignée, tempétueuse et grandiose semble s’effacer dans l’espace sentimental, il ne reste plus qu’un enfant perdu mais attentif, qui attend ce père qui ne viendra jamais.

Il ne viendra pas te chercher et t’emmener loin de lui-même, ses colères, sa violence et ses élans d’affection perverse. Autre plaie quand on se révolte contre le père et que celui-ci reconnait et s’enorgueillit de la malignité qu’il sent en lui. Tu es violence, tu es haine, tu es ma fille.

Etrange rêve du passé comme un voile qui disparaît. Je courais dans les allées d’un magasin de jardinage entre mes pères, le violent qui veut me tuer et l’indifférent qui me fuit, m’opposant qu’un dos obstiné à mes appels au secours. Silence et mort, le tu-tueur œuvre dans l’ombre.

A cela mêlés les désirs obscurs et honteux, pervertis par les mélanges d’une haine peut-être séculaire, il est interdit de se mettre en colère contre le père, il est interdit de le haïr, impossible de l’aimer et la tourmente qui rend fou enchaine définitivement à ses pieds.

Etrange que ce tabou soit resté si bien caché dans ma colère passée, celle qui devient passée, doucement et pâlit à mes yeux d’ombre. Le père tue et je suis brisée de le haïr, quand l’amour ne demande qu’à jaillir, pour lui.

Rejetée sans cesse loin de lui, j’ai finit pas comprendre, pauvre de moi que mon amour est pervers, qu’il fait mal, qu’il est destruction et poison, qui vaut mieux ne jamais le donner à quiconque, puisque de toute façon, personne de sain d’esprit n’en voudra. Ainsi j’avance dans le jour en cherchant le père qui n’existe pas et tous les amours, quels qu’ils soient se terminent dans ce rejet brutal et silencieux, me laissant toujours aussi sonnée, culpabilisante et rageuse, qu’ai-je fait de si terrible, moi qui voulais juste aimer ?

Je ne sais même plus ce que je dois comprendre ou croire, je ne sais plus rien et n’écoute personne, car je l’attends, obstinément, et je n’attends que lui, qui ne viendra jamais. Je n’écoute personne, car j’attends, encore et toujours, le silence et la haine, le rejet brutal et culpabilisant, comme de serrer le fil électrique, ça fait si mal mais le cœur va plus vite alors on repose la main et l’émotion empoisonnée devient toute la vie. Ainsi me suis-je persuadée du silence psychiatrique et j’invente le rejet, histoire de ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes.

Pour enfin séparer le silence et la haine, il va bien falloir finir par briser celui-ci.

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ckankonvaou 08/04/2009 08:30

Tu attend ton dû... mais le poids de la dette c'est toi qui le porte on dirait !