Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 10:51

Chers lecteurs, laissez-moi vous faire part d'un agacement ancien qui a trouvé encore une raison de se réactiver il y a quelques temps.

Ayant oublié si je vous en ai déjà parlé, veuillez m'excuser de cette éventuelle répétition. Vous vous souvenez sans doute de mes problèmes de dos. Depuis deux ans, maintenant, je souffrais de l'articulation de la cuisse droite dans le bassin, de toute la moitié inférieure droite de ma colonne vertébrale, de l'omoplate gauche et droite plus ou moins alternativement et d'une sensation de décrochage de l'épaule gauche. Il s'est avéré que j'avais uns scoliose et trois discopathies, une compression telle de certain nerf que si je me forçais à marcher, non seulement j'avais de plus en plus mal à la hanche, mais ma jambe ne répondait plus et s'engourdissait, comme une joue après l'anesthésie du dentiste.

La douleur s'est mise à peser lourd sur mon moral, ainsi que la culpabilité, car tout ce que l'on me disait, c'est que je me tenais mal et que j'étais trop tendue. Raison pour quoi je me rongeais à essayer de comprendre de quelle faute je me punissais ainsi, quel refoulement se cachait dans cette "mauvaise" attitude.

 

Puis j'ai rencontré un osthéopathe (médecin) qui m'a fait les trucs d'osthéopathe habituels pour décoincer les zones, décrisper les muscles et soulager les nerfs. Malgré cela, mes douleurs réapparaissaient obstinément... Au bout de trois séances, trois séances seulement, rendez-vous compte ! Au bout de trois malheureuses séances, il m'a dit : ce n'est pas normal, vous devriez aller mieux. C'est donc que mon traitement n'est pas adapté, j'ai atteins les limites de ce que je sais faire. Cette résurgence de la douleur et des tensions me donnent à penser que c'est un problème de posture. Je vais donc vous confier à mon collègue, le docteur M* qui est posturologue et qui saura sans doute quoi faire pour vous soulager.

Marquis, d'amour vos beaux mots mourir me font !

J'appris donc un nouveau mot et me rendis auprès de cet autre médecin (généraliste, osthéopathe et, donc, posturologue). Il confirma rapidement l'intuition de son collègue et me mis sous traitement posturologique. Celui-ci consistait alors en le port de semelles spéciales et la prise régulière d'un collyre. Je crois pouvoir dire sans exagérer que ma vie changea immédiatement. Très vite, je sentis ma hanche soulagée, cette douleur spécifique qui me faisait redouter de poser le pied, qui me faisait calculer les distances à marcher, qui me faisait culpabiliser d'être assise et de "mal" me tenir (car c'était bien ma faute, n'est-ce pas ?) avait disparu. Pchit. Également, je dus me rendre chez une orthoptiste qui me fit loucher de façons dont j'ignorai que ce fut possible, sur des oursons, des abeilles rouges, toutes sortes de choses plantées sur les crayons, les yeux derrière des primes biaisant la focale (je ne vois pas comment dire autrement, désolée). Les douleurs n'avaient pas toutes disparu et d'autre étaient apparues, notamment, une douleur à l'oreille gauche qui me fit découvrir la surface exacte du muscle et le tracé du nerf, douleur très accentuée par le port de prothèse, malheureusement.

Ici, quelques explications sur ce que j'ai compris de la posturologie s'imposent. En communication constante avec le corps, le cerveau se crée un schéma corporel, qui lui permet de maintenir l'équilibre du corps (exercice fabuleux de complexité), y compris en mouvement. Mais, dans certains cas, les informations envoyées par le corps sont insuffisantes ou déséquilibrées. Le cerveau cherche donc à récuperer des informations et à recréer un équilibre du flux informationnel ; pour ce faire, il modifie la posture. Certaines personnes, toutes biscornues, s'en sortent sans douleur et d'autres, avec un poil de posture de travers souffrent comme des folles. Ce sont des mystères de la neurologie... Bref.

 

Je fus amenée, dans le cadre privé, à rencontrer une médecin à qui, limpide naïve que je suis, je voulus parler de cette merveille qui m'arrivait : après des années de souffrance et de claustration, la redécouverte de la mobilité et des douleurs très amoindries et bien plus ponctuelles. Las, mal m'en prit ! Elle leva les yeux au ciel, assura que les posturologues prenaient en charge "n'importe quoi !", que "personne n'est symétrique !" (le rapport ?) et que même les "placebos fonctionnent !" (et ça ne l'interroge pas ?) J'en ai pris plein la tête de cris, de roulement d'yeux, de moue exaspérée, dégoutée, de gestes définitifs. Nous en restâmes là sur ce sujet, mais la virulence avait percé mes défenses. Je fus choquée par ces propos qui ne prenaient soin en rien de moi, ni en tant qu'amie (naïve, vous dis-je), ni en tant que patiente. Elle m'avait clairement blessée.

 

Je poursuivis mon traitement, l'orthoptie prit fin avec les félicitations du jury. Je luttai contre la "pertubation" pour prendre mes gouttes, mais le venin faisait son chemin... Je pris enfin mon courage à deux mains et écrivai à mon osthéopathe (le premier, parce que je l'aime bien et le comprends mieux que mon posturologue, néanmoins, je l'ai autorisé à lui faire suivre mon courrier et la suite montrera que j'ai bien fait). Je lui racontai cette anecdote et les répercussion qu'elle avait traitreusement infiltrées en moi, malgré ma confiance en lui et son collègue. Il me répondit que les "médecins positivistes" étaient prêts à nier l'évidence d'une progression si son explication ne rentrait pas dans les petites cases (je reformule) de leur compréhension. Le posturologue, que j'ai vu hier m'a dit la même chose, son souci de me rassurer, de me fournir des explications claires sur ce qui est su en posturologie et ce qui relève encore de l'intuition, m'a fait aussi chaud au cœur. J'ai là deux médecins qui se fichent d'avoir raison contre le patient s'il le faut, mais qui sont axés entièrement dans le soin, du corps, du cœur et de l'esprit. Cette franchise, cette modestie, cette confiance en eux et en l'autre m'ont vivement impressionnée, vous le comprendrez sans peine. Quels médecins sont capables de cela ?

 

Combien, combien je comprends leur colère ! Non, la raison n'est pas tout, non, on ne doit pas faire reposer tous nos actes sur elle ! Savez-vous que la technologie de l'IRM a montré que lors d'un test visuel de surgissement aléatoire d'images positives ou négatives, le cerveau sait si l'image sera négative ou positive avant qu'elle soit apparue devant les yeux ? Pas très brièvement après, pas en même temps : avant... Cet exemple montre simplement une chose : le cerveau a des capacités dont nous n'avons pas idée. Nous pouvons en avoir des intuitions, mais pas toujours poser des idées claires et nettes, une raison bien lisse dessus. Non, nous ne pouvons pas tout savoir, et nous ne saurons jamais tout !

Regardez l'histoire des neutrinos... le savoir et, partant, la raison sur lequel elle repose, est en constante transformation, on ne peut, raisonnablement — Eh oui ! —, fixer une raison raide sur un socle meuble ! Sois elle suit, sois elle s'effondre ! La raison, la vraie, celle qui voit le savoir pour ce qu'il est, sait profondément à quel point il est tout petit par rapport au réel...

Il y a bien longtemps que je crois qu'il faut être fou pour ne se reposer que sur sa raison, ou froussard... Si l'on va au bout de la raison, on sait profondément qu'on ne sait rien, malgré que tout nous parle autour de nous, nous ne comprenons qu'une part infime de ce qui est dit ! Regardez les hommes, toute cette souffrance : qui l'entend, qui y répond ? Qui répond à la peur réelle ?

Sur les trois médecins rencontrés, je vois qui m'entend, qui me répond et qui veut avoir raison, en dépit des faits et se moque — mais d'une force ! — de mes sentiments...

 

Le traitement se poursuit, il ne cessera jamais pour moi, car, sauf miracle, je cesserai jamais d'être sourde et bigleuse. Aux semelles est venue s'ajouter une talonnette que je porterai aussi tout le reste de ma vie, parce que j'ai une jambe plus courte et qu'elle participe du déséquilibre du corps. La talonnette sert à rééquilibrer le corps, les gouttes aussi, en améliorant ma vue. Les semelles servent, elles, à détruire l'ancien schéma corporel bâti sur des informations déséquilibrées. Avec le temps, le cerveau va s'en créer un nouveau qu'il faudra sans cesse réactiver. Résultat, après quelques mois, j'ai toujours mal ici et là, mais ponctuellement et de moins en moins. Je peux marcher à nouveau sans plus en payer le prix, car ma hanche est dans une bonne position, que ma scoliose se dévrille... Les tensions ont quasi disparu, j'ai ici une pensée pour tous ces kinés qui m'ont fait vigoureusement savoir que je me tenais mal, qu'il fallait que je me détende, hein, vous êtes toute tendue ! Ah ben ouiche, j'étais toute tendue... Je tourne la tête d'une façon telle que je n'en ai pas souvenir, l'impression vague d'être un hibou ! Oui, quand toute la colonne est de travers, sa flexibilité diminue. Mon corps et mon esprit vont de mieux en mieux, mon bras gauche se remuscle tout seul mon pied gauche s'est remusclé la voûte sans rien dire... J'ignore ce qui se passe dans mon cerveau, à part qu'il répond au traitement, fléchit, s'adapte, que sa plastique de fonctionnement souple quoique ferme est en train d'évoluer vers une forme nouvelle, plus saine. Il n'y a pas que lui, d'ailleurs...

 

J'ai revu cette femme médecin, il y a quelque temps. Elle lisait un livre sur les neurones miroirs. Comme je l'interrogeais non sans malice intérieure sur cette lecture, elle m'a dit combien il était difficile de changer son schéma de représentation du monde... Ah ça ! tu l'as dit bouffie !

Bonne route !

 

________

Notes

Pour en savoir plus sur la posturologie.

Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 08:42

Chers lecteurs, depuis 4 ans déjà que j'avais quitté Paris, ma musique me manquait. En effet, dans mon clapier j'avais confectionné d'astucieuses étagères de carton telles que je puisse à peu près tout voir et tout écouter facilement.

 

Mais dans mes nouveaux logements, d'abord l'appartement à Toulouse et ici, dans la Couvemaison (en banlieue toulousaine), J'ai redonné à tous mes livres le droit de voir le jour. Il faut dire aussi que lors de mon bail parisien j'ai provoqué et subi les conséquences d'une inondation et que les livres soigneusement calés sous les étagères Kikéla en ont essuyé les aqueuses conséquences. C'est ainsi que j'ai dû, horresco referens, jeter des livres à la poubelle, dont les Essais de Montaigne qui s'étaient mis à frisotter et à dégager une odeur quelque peu fétide, ce qui ne ressemble guère à Michel qui se lavait une fois par semaine, lui.

C'est donc forte de cette expérience — sans même avoir besoin d'être perché sur une racine de bruyère, le papier boit l'eau — que j'ai décidé que plus aucun de mes livres ne trainerait par terre et que j'ai donc dévolu toutes les étagères à cette qualité qu'on leur reconnaît volontiers : lutter contre la gravité. La conséquence de cette politique fut rigoureuse et cruelle, il ne restait plus aucune place pour les CDs.

Par ailleurs, mon attitude déraisonnable relative à l'achat quasi compulsif de livres ne s'étant pas améliorée avec l'éloignement de la ville (il y a des bus...), mon budget est toujours étique. J'ai donc décidé de piocher dans le système D, le gratuit, le fais-le-avec-tes-mains, autrement dit : les palettes.

 

J'ai donc décupéré cinq palettes avec l'aide de mon Coloc. Elles ont passé l'été au soleil et à la pluie alternés et j'ai fini par les démanteler, sur deux jours, à cause de la pluie (encore) qui m'empêchait de travailler. Cette opération — qui a vu l'acquisition d'un véritable marteau de charpentier lequel se révèla quasi essentiel — fut assez délicate, car il ne fallait pas casser trop de planches.

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Ceci fait, je réfléchissais très mollement à mon meuble... Je fis un croquis :

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Mes efforts n'allèrent pas plus loin.., car ce que j'avais en tête était difficile à dessiner et ma vue n'allant pas en s'améliorant, je n'ai pas pu me débrouiller des lignes du carton de bristol. Et pis j'avais pas de papier millimetré !... Bref, la fainéantise l'a emporté.

Grâce à quoi, sitôt mes 48+32= 80 encoches pratiquées, il fallu admettre qu'elles étaient trop peu profondes et toutes les recreuser de 50 mm... Ce ne fut jamais qu'un jour de travail perdu.Et, non, je n'ai pas pensé, concentrée sur mon ergastule, à vérifier avant d'avoir tout fait. Trop facile !

À noter qu'à cette occasion, j'ai découvert que ma scie à bois est bien plus précise que ma scie sauteuse qui louche d'un coté, si bien qu'il faut faire contre-loucher sa main pour scier droit, autant dire que c'est impossible. Cette constatation faite, j'ai scié tout le reste à la main. Puis les trous (du moins la majeure partie, ont été bouchés à la colle à bois maison, c'est-à dire un mélange de sciure soigneusement conservée et de la colle à bois.

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Ensuite, j'ai tout poncé à la main, d'abord au 40 (très rugueux), puis au 120 (peu rugueux), puis au 150 (tout doux) les 6 faces des 32 plancches. Cela s'est étendu sur trois jours, au terme desquels les courbatures le soulagement laissa très vite place à l'asticot dans la culotte qui fait perdre toute patience, vite vite !

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Mais il a fallu tout vernir (verni mat) en deux jours, en jonglant avec les averses que Septembre nous a apportées, imitant en cela Août, Juillet et Juin, comme c'est original.

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Enfin, j'ai pu coller et commencer à visser (vis à bois, 35mm) ! Pour m'apercevoir qu'à cause de ma légèreté et de ma réticence à faire un vrai plan, deux planches étaient trop courtes. Normalement, il aurait dû leur manquer 30mm, mais on avait 32 d'un coté et 37 de l'autre, ce qui rejoint assez le fait que le meuble fasse 24cm de profondeur d'un coté et 25 de l'autre...

Ce phénomère étrange s'explique par différentes choses : mes encoches pas strictement identiques d'une part et des planches pas strictement identiques d'autre part. Il a donc fallu recouper, poncer et vernir deux autres planches, prises dans le tas encore important mis au rebut.

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Les leçons à tirer de cette expérience :

-Faire un plan, bordel !

-Être plus soigneuse dans la réalisation.

-Acquérir une pince chasse-clou, des râpes, des ciseaux à bois, une varlope, des serre-joints dignes de ce nom et une autre mèche à bois de 3mm, vu que j'ai cassé la mienne, comme une grosse brute.

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À noter que les barres sur les côtés servent à maintenir le tout ensemble car je n'ai pas confiance en mon savoir-faire et surtout en la colle. Et puis c'est pour l'effet cagette qui me ravit !

Au final, ça tient debout, malgré la gîte prononcée... Tous mes CDs y trouvent place et ça ressemble bien à ce que j'avais dans la tête, ce qui est quand même un signe de réussite. Je suis assez fière de moi, d'avoir osé et transformé l'essai, car cela fait très longtemps que je rêve de faire des meubles en bois. Et maintenant, ayant absolument tout fait d'un bout à l'autre, je sais que c'est possible.

Mes pensées sont souvent allées vers ma sœur aînée, qui m'a appris à peu près tout ce que je sais sur le bois et grâce à qui j'ai passé une éponge humide sur les planches avant de les vernir et ce, malgré l'asticot pressant.

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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 22:39

Chers lecteurs (ouh ouh, il y a quelqu'un-hun-hun ?), il est tard, je suis à demi assommée par cette journée qui fut très chaude, mais mon blog ayant été évoqué ce soir à table, je me suis dit que c'était l'occasion de vous faire un signe.

 

Il se trouve qu'en Novembre de l'année dernière, j'ai déménagé de mon appartement toulousain pour emménager avec deux amis colocataires qui se partagaient une maison en banlieue et dont le surnom célèbre est Couvemaison. Ce soir, avec S., nous avons parlé d'internet et surtout des relations que nous y entretenions, car elle vient de fermer son compte Twitter. Dans cette discussion, j'ai réalisé que Twitter, bien plus que FB, me tient éloignée du blog.

Bien sûr, il y a la question du temps, qui semble passer vite sur Tw, car si l'on suis beaucoup de gens, les publications sont nombreuses et quasi continues. Mais surtout, je crois que j'y lâche bien des choses qu'auparavant je gardais et remâchais plus ou moins longuement avant d'en faire un billet où, malgré ma manie du premier jet tout cru, Je cultivais un art et une manière d'écrire qui ne déplaisaient pas à tous.

Mais en vérité, expliciter les choses m'est très difficile. J'ai dit à quelqu'un qui m'a comprise — et ce fut un grand soulagement — que lorsque j'écrivais, ma tête faisait comme un moteur de voiture que l'on pousse, alors que le frein à main est fermenent serré... Parmi un brouhaha de pensées diverses, il faut faire un tri rigoureux, ce qui est rarement facile, et ne placer que ce qui se rapportera au propos d'une façon à la fois logique et souple. Avant même d'avoir fini d'écrire cette phrase, j'étais déjà en train de penser à une conversation autre... C'est là que Twitter est mon ami.

Je m'y livre sans retenue à cet art de la concision lapidaire qui me donne beaucoup de satisfactions — Choisir les bons mots, trouver la figure efficace, etc. —.Et surtout, aller très vite.

Twitter me sert aussi beaucoup à diffuser des liens, comme FB et maintenant G+. Lorsque je lis quelque chose que je trouve essentiel, il me semble que ma diffusion est toujours trop faible, je voudrais pouvoir le clamer sur les toits.

Et puis il y a un aspect plus sombre ou pathétique, comme on veut. J'ai vécu seule très longtemps et même avec mes colocs, je ne partage pas tout ce que je voudrais dire. Par allieurs, notre colocation prendra fin inéluctablement l'an prochain, lorsque notre bail touchera à son terme. Et cela me renvoie à ma solitude, indéracinable, abyssale. Ceux d'entre-vous qui lisaient mon précédent blog se souviennent sans doute de mon désespoir quant aux commentaires, lorsque ceux-ci venaient à manquer... Je me sentais étouffée par ce vide et c'est toujours le cas aujourd'hui. Je trompe ma solitude par ces bruissements écrits, cette fibrillation de propos divers et éparpillés, ces indignations, ces enthousiasmes, ces colères, ces mots gentils. Je trompe mon angoisse, sauf quand je la regarde dans les yeux, que je me vois trembler, que je me vois dans cette attente pathétique de qui me répondra, qui sera là pour moi...

En cela, le blog est moins fiable, car je ne suis pas de ces personnes qui drainent les foules et sont charmantes au point que tout un chacun ait envie de se faire connaître à leurs yeux. Ce n'est certe pas la solitude qui enseigne l'art de la séduction, en écrits comme en paroles ou en artifices vestimentaires. Twitter m'est un palliatif au vide, à l'absence, l'abandon que je porte comme un éternel enfant et qui, tel le petit renard de l'histoire, me ronge de l'intérieur...

 

Voilà, ces quelques mots sur un réseau social, ma réflexion ne va pas loin, mais je me suis dit que c'était l'occasion de vous saluer, de... partager.

 

Si ça peut vous rassurer, S. trouve que dans la vie, je suis moins sombre que sur mon blog. Cela pourrait faire l'objet d'un autre billet...

Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 23:14

Chers lecteurs, la question se pose à moi se savoir quand décide-t-on de grandir ?

 

Je viens de regarder mes dessins, du moins ce qu'il en reste, car j'en ai brûlé une certaine quantité, lors d'une soirée où il me semblait que c'était le seul moyen de faire le deuil, quand, en vérité, je désirais disparaître et effacer les traces de mon existence.

Mais mes sœurs m'ont raisonnée et j'ai donc gardé l'essentiel que je feuillette parfois, de moins en moins sensible à l'orgueil et de plus en plus au récit que tissent ces dessins et qui parle de solitude, d'étouffement, de violence ou tout simplement de souffrance. Je ne fais pas de découverte, car tout était conscient, assumé, montré. Mais il n'y avait personne pour les voir, les voir vraiment et me sortir de cet étouffoir.

Au fil des pages s'enchainent les hommes, les hommes, les hommes. Leur corps, leurs postures, leur visages, leurs expressions dures ou rieuses, etc.Des hommes qui me regardaient.


Comme je me suis fatiguée de les dessiner, je suis fatiguée du récit de ma vie. Il n'y a pas de lumière qui ne soit ternie par son cadre : la moquerie, l'humiliation, la bêtise et toutes ces flèches qui faisaient de moi une sorte de saint François ambulant.

Petite, pour lutter contre ma solitude, je m'envoyais des messages dans le futur. Je me disais certaines choses dont je voulais me souvenir toute ma vie, des choses belles et que je pensais fondatrices sur l'amour, des choses dont j'aurais aimé qu'un adulte me parlât. Je lançais des messages de sagesse de l'enfant adulte d'hier à l'adulte enfant de demain.


Est-ce pour cela que je ne deviens pas adulte ? Est-ce parce que je suis prise dans cette parole qui disait "amour" pour conjurer la souffrance ? C'est peu de dire que je déçois mes espoirs d'hier, car je pensais répandre la sagesse sur le monde et en cours de route, j'ai perdu toute foi en ma voix. Toute foi en moi.

Cette foi que j'avais en mon intelligence à de quoi attendrir, elle était sans malice, totalement naïve. Et les années passant, c'est ma bêtise que je vois surgir partout, que je sens m'emprisonner, la bêtise de l'intelligence. Quant on croit avoir tout compris et que l'on explique ses pentes par des raisonnements carrés. Il y a toujours d'excellents motifs au découragement, à l'à-quoi-bonnisme, au verre à-demi vide.

 

En ce moment, je suis un régime ammaigrissant et affronte sans dérivatif cette tension qui me tord le dos, qui désordonne les battements de mon cœur et qui me pousse encore à ce mouvement vers la bouche, ce remplissage à demi-conscient, cette boulimie compensatrice. J'essaie de regarder l'angoisse en face, ce n'est pas un exercice facile. Il est trop tôt pour détecter le moindre résultat.

La maison de mon enfance s'appelait L'Eau Vive. Dans le jardin passait et passe encore un ruisseau qui venait de l'autre bout du champ et qui sortait impavide du jardin pour se jeter dans la rivière. Quant j'étais petite, j'ignorais que mon père chantait comme une casserole et je lui demandais souvent de me chanter L'Eau Vive, même si je ne comprenais pas tout. Étais-je "la petite" en question ? C'est ce que j'espèrais, bien avant de savoir lire.

 

 

Je voudrais juste m'en aller au large. Entre vos doigts, l'eau vive s'envolera...

Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 22:14

Chers lecteurs, il n'est pas aisé de communiquer avec son psychisme.

 

Pourtant, avec les années, j'ai pris l'habitude d'interpréter mes rêves. D'ailleurs, je ne fais jamais deux fois le même et s'il y a des rappels, c'est pour me signifier à moi-même que la situation a changé. Ce rêve-là, je ne l'avais jamais fait et j'en ai parlé lundi à mon psy, mais dans le cadre de ce que j'avais à dire ce jour-là, en passant une partie importante que je ne comprenais pas. Ce n'est qu'hier, en le racontant à nouveau que j'ai fini par admettre que cette silhouette noire à chapeau ne pouvait être que mon grand-père et qu'il était question de sa mort. Dans la partie suivante du rêve, je suis en butte avec l'indifférence de ma mère et je me suis réveillée en lui criant "Mais tu n'en as rien à foutre de moi !" dans une exclamation accusatrice. Si mon calcul est raisonnable, cela raconte comment je me suis sentie abandonnée par ma mère lorsque son père est mort et qu'elle a sans doute été emportée par son chagrin. Pourtant, dans ma mémoire, aucun souvenir ne s'ouvre, aucune image ne remonte, aucun sentiment n'éclate.

 

Je suis juste flippée. Comme tous les ans depuis dix ans, au mois de février, mon dos me fait particulièrement mal. Mais cette année, je dors mal, je me réveille presque toujours en milieu de nuit sous l'effet de la tension et cette nuit, je n'ai presque pas pu redormir après. Je voudrais qu'un médecin puisse ouvrir mon cerveau comme une pastèque et en tirer toutes ces informations qui me hantent sans se découvrir. C'est dans cet esprit que j'ai envoyé un mail à deux personnes qui pratiquent l'hypnose, un psychiatre et une psychologue. Cela fait trois ans, maintenant que je ne peux plus marcher plus d'une heure sans avoir la jambe droite qui me fasse souffrir et finisse pas me désobéir en réduisant petit à petit l'amplitude de mon pas. Il semble que ce soit la conséquence de la tension de mes muscles psoas qui entraine la tension du fascia-illiaqua et la compression du nerf au niveau de la colonne vertébrale. Trois ans que les ostéopathes me font craquer dans diverses positions sans que le mieux ressenti m'ait permis de retrouver ma mobilité totale.

 

Mais là, je ne marche pas et mes muscles se tendent d'avantage, toujours la nuit, doublement dans le dos... Pour me détendre, je dois nager, mais j'ai peur de l'eau et pour la surmonter, il faut être au calme et toutes les piscines ici sont bondées. Je ne sais plus quoi faire pour m'aider.

Je n'ai pas eu d'autres radios des lombaires (trois discalgies) depuis 2008, j'ai des avis divergents sur ma lordose-cyphose simple selon l'une, doublée d'une scoliose selon l'autre (l'autre qui m'a fait une infiltration, mettant le feu dans un malheureux nerf qui ne disait rien). Les tensions ne tombent pas du ciel, mais la médecine occidentale ne sait que parler de piqûre, peut-être d'opération, un jour. Comment voulez-vous ne pas être en colère contre un système qui prétend mettre le corps et le cerveau dans deux boîtes étanches, étrangères l'une à l'autre ? Un système qui ne s'occupe que des symptômes et pas de leur origine ? A qui faire confiance quand personne ne semble pleinement compétent ? Sur quoi compter quand mon corps même me lâche, me condamnant à l'immobilité, à l'angoisse du néant, du rien ?

 

Je suis tellement flippée que je n'arrive plus à réfléchir quand je suis seule, il me faut la distraction d'une autre présence pour me sortir de cette inquiétude empoisonnée. Je compense et mange des sucreries, anéantissant des semaines de raison gardée (sans privations), reprenant les kilos durement perdus, en fouaillant mon ventre de jet acides, brûlant mes boyaux sur toute leur longueur. Il y a deux jours, j'ai même eu une réminiscence de ma vieille peur des gens, celle qui m'a tenue clouée chez moi des années, celle qui me faisait répéter mon "texte" avant d'adresser la parole aux caissières. J'ai cru suffoquer, mais la vision est passée très vite, heureusement.

J'aimerais pouvoir dire que c'est la tempête, mais il n'y a pas d'éclat. Je m'engourdis, en pensée comme en actes, asphyxiée par cette peur primaire incontrômable, indépassable, inaccessible dans les tréfonds de l'enfance oubliée.

Si au moins je rêvais, si je pouvais me souvenir, vagir un bon coup chez le psy et chez moi, purger cette terreur qui me brise le corps ! Si seulement...

Pensée du moment

Après quelques mois d'absence, je reviens sur mon blog où la bannière manque m'arracher un œil... Il faut d'urgence remédier à cela, des idées ?

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