Mardi 17 novembre 2009
Après avoir expliqué qu'au XIXe siècle (siècle de l'excision en France, ou la masturbation, après des siècles de tranquillité est brusquement viciée : rend sourd, etc.), la pédophilie était parfaitement tolérée, l'auteur enchaîne :

Pour les autres "perversions", elles sont des façon d'agir dues aux conditions concrètes dans lesquelles tout être humain est amené à vivre sa sexualité.
Le comportement sexuel d'un adulte, comme tout autre comportement, est conditionné par :
  • les caractéristiques sociobiologiques qui l'ont conduit à la survie de l'espèce ;
  • les expériences individuelles qui déterminent les apprentissages ;
  • les relations sociales qui offrent à chacun le cadre où vivre sa sexualité,les scénarios qui rendent possible l'interaction sexuelle.
Or, si les caractéristiques sociobiologiques, sont communes, les expériences individuelles sont infiniment variées et aléatoires. Le propre de l'apprentissage aléatoire est que tout comportement qui a entrainé une gratification ou qui a provoqué une émotion forte va être répété. Cela peut être, pour un enfant, dessiner, bien travailler à l'école, ou pour un adulte sauter à l'élastique, traverser l'Atlantique en solitaire, mais aussi se travestir, s'exhiber. C'est là un schéma psychologique normal. Pourquoi, alors, dire qu'il est normal de revenir à Venise parce qu'on a été ému la première fois que l'on s'est promené sur la place Saint-Marc et anormal de vouloir retrouver sur sa partenaire des habits qui vous ont bouleversé à la première rencontre ? Pourquoi serait-on un héros si l'on se fait peur tout seul accroché à sa paroi au-dessus du vide, et un pervers si l'on se fait peut en se faisant attacher pour être à la merci de l'autre dans l'intimité de sa chambre à coucher ? N'est-ce pas psychologiquement la même volonté de retrouver une émotion forte qui a donné du goût à la vie, l'a colorée ? 
En fait, il est plus onéreux pour la société d'aller retrouver sur les pentes du Mont-Blanc des passionnés de la montagne en détresse (et c'est même coûteux en vie de sauveteurs), d'aller repêcher un navigateur qui se faisait des décharges d'adrénaline en voulant franchir les quarantièmes rugissants , que d'avoir affaire à celui qui se donne les mêmes émotions en sortant habillé en femme ?"

Dans Médecins et sexualités, Yves Ferroul nous met face à nos contradictions, quant à nos idées sur une sexualité "normale". Tout le long de son livre, il montre que la normalité a souvent été le jouet de la politique, de la religion, d'une pseudo science, forte surtout de son ignorance. 
Ce paragraphe que j'ai reproduit ici, me plaît beaucoup dans le questionnement qu'il porte à notre attention sur notre vision du monde et de l'autre. Pourquoi, en effet, l'expérience de la force ou de l'adresse en public l'emporte-t-elle sur une expérience intime ?
Plus j'observe le monde et moins je crois au spectacle. L'action sur le monde est immédiate, on n'a d'influence, si tant est que l'on en aie, que sur son entourage propre. Dès lors que je pense ainsi, les valeurs sociales de gloriole et de poursuite de vent ne revêtent plus le même charme à mes yeux.
Or, nous sommes encore plein d'idées arrêtées sur la sexualité, ce qu'elle "doit être" pour épanouir et rester "saine" ; quand les spectacles les plus creux et les plus stupides nous séduisent comme un rien. Il y a là de quoi s'interroger...
 
Par Ardalia - Publié dans : Lectures
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Mardi 17 novembre 2009

Aujourd'hui, après que j'eus à moitié chié une très petite lame de rasoir qui en annonce une putain de grosse, mon psy m'a proposé de m'allonger sur le divan. Il a dit qu'il se lèverait pour me dire en face ce qu'il aurait à me dire.
J'avoue que je suis impressionnée... Comme on commence avec cette nouvelle configuration la semaine prochaine, je lui dirai qu'il suffit qu'il annonce son propos par un mot "bon", "oui", "mais", qui me permette de sortir de mon nombril et de me concentrer sur sa prononciation, ça devrait suffire ; il sera plus près de mon oreille qu'il ne l'est depuis que je le vois, assise en face de lui. On verra.

Il a raison, il faut que je m'abandonne, que je lui fasse confiance, que l'homme dans mon dos ne soit plus une menace. Aujourd'hui, il a été question d'enfance, de violence, de sexualité. C'était dur, j'étais assez suffoquée par ce qui venait. J'ai ravalé mes larmes dans l'assenceur, tout le long du chemin en croisant les toulousains si cools et ai pratiquement éclaté en sanglots en fermant la portede l'appartement. Dans ma tête j'ai appelé mon papa, papa, où étais-tu quand c'est arrivé ?
De grands yeux vert-brun, baignés de larmes, interrogent le passé, papa, pourquoi ?
Même encore en écrivant ces mots, je minimise, ce n'était rien, pas grand chose, pas grave. Un rien, sur un autre rien, sur un autre rien, qui fout en l'air toute une vie affective et sexuelle, n'est-ce vraiment qu'un rien ?
Vingt ans après, il faut payer un monsieur, pour apprendre à faire confiance, tellement on a la tête à l'envers. Et il faut découvrir ce rien, sous ce rien en découvrir un autre et encore un autre et...

Dis, papa, dis... où étais-tu, quand c'est arrivé ?

Chers lecteurs, ne vous en faites pas : demain est un autre jour et j'ai rendez-vous lundi prochain. Bises à tous. 

Par Ardalia - Publié dans : Au quotidien
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Mardi 10 novembre 2009
... je ne suis pas allée chercher les gens, j'ai voulu savoir qui aurait envie de me voir spontanément, en postant ici et sur FB. Ah bien, j'ai vu. En tout, deux personnes ont fait la démarche vers moi (et j'en ai loupé une, par bêtise).
 
Je ne sais qu'en conclure, parce qu'aucun élément ne permet ne conclure, mais ça a une drôle de gueule et, je peux dire, à l'arrivée, une gueule pas drôle. 

Et en plus, il pleut. 
Par Ardalia - Publié dans : Petits Riens
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Mardi 3 novembre 2009
Parisiens, parisiennes, je "monte" demain à la capitale. J'y reste quelques jours, faites-moi signe, qu'on prenne un pot, qu'on se fasse une bouffe, ou autre.
Plein des bises. 
Par Ardalia - Publié dans : Petits Riens
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Mardi 27 octobre 2009
Chers lecteurs, je suis à la ramasse. Certes, il y a beau temps que plus aucune de mes séances d'analyse n'est anodine, mais celle d'hier fut particulièrement dure, surtout dans la mesure où je n'ai pas pu tout dire. Manque de temps, de courage, de lucidité ou plutôt manque de connexion avec l'inconscient. Le goût de l'échec par dessus la souffrance. Cela permet de savourer ce paradoxe d'avoir l'air arrogante avec des lunettes de soleil alors que la nuit  tombe et d'être en réalité défaite, triste, si profondément triste. Ceci posé...

Aujourd'hui, je repense à une phrase lue il y a quelques temps qui disait que le discours est un acte. Elle m'a surprise, car depuis très longtemps, on m'a fait savoir que le discours s'opposait aux actes, qu'il y a d'un coté les beaux parleurs et de l'autre les hommes d'action, qu'il y a un temps pour parler et un temps pour agir, les deux ne se recouvrant pas.

Bien sûr, du point de vue de l'analyse, c'est faux, puisque - pour aller vite - c'est la parole qui est le vecteur de la guérison, c'est l'acte de parler qui permet la libération émotive et l'apaisement de la névrose, voire sa sublimation. 

Pourtant, ce n'est pas le point de vue qui m'intéresse, je me pose cette question du point de vue de la vie en société, de la politique au sens plein. N'est-ce pas l'un des nombreux paradoxes de la démocratie, cette opposition qui est tentée entre le discours qui précède les lois, les décrets, les élections et les actes, le moment où le maire, le député, le président sont au travail, quand "les choses se font". J'ai le sentiment que cette opposition n'est que dans les idées. Fondamentalement, parler est un acte, si l'on veut bien dépasser les simples mouvements des lèvres, on retombera dans l'essentiel des fonctions du langage. Celles-ci sont complexes, riches, elles dépassent très largement le concept qui nous vient spontanément lorsqu'il est question des fonctions du langage, à savoir "la communication". Le langage sert à bien plus qu'échanger des informations, il informe sur les sentiments, les idées préconçues, les projections, les exigences, les substrats culturels, cultuels, historiques, affectifs, émotionnels et j'en oublie.
Ainsi, le discours, lieu de langage par excellence est doté d'une puissance émotionnelle, dans la résonance qu'il rencontre peu ou prou chez le récepteur et c'est ici que se déploie la rhétorique (la propagande, etc.). Le rhéteur, l'avocat, savent que le pouvoir est dans le verbe, que le discours agit sur le réel. Bien sûr, on ne construit pas une maison avec des discours, mais on ne peut se passer de discours pour construire la société où bâtir cette maison.

D'ailleurs, l'acte est aussi un discours, car, comme l'a dit Dolto bien mieux que moi, tout est langage... Même si je suis seul au monde, ma maison me tiendra un langage, la façon dont je l'aurais conçue me parlera de moi et de ma vision du monde. Et si je suis dans la société, mes actes auront une portée sociale, ténue ou énorme, ma façon d'agir aura un impact, qu'il soit plein ou en creux, sur les autres. Ni l'action, ni l'acte ne sont anodins, tout deux agissent sur nous, notre affect, nos idées, et nos actes.

On m'objectera peut-être que cette opposition concerne les discours qui empêchent l'action, quand l'urgence est pressante, quand il faut sauver des vies et que les ergoteurs font perdre du temps alors qu'il n'est plus temps. Par ailleurs, tout sportif vous dira qu'il ne fait pas penser pour être performant, il ne faut pas réfléchir, que l'impulsion doit partir de la glande et parvenir à la main sans passer par le cortex, ou quasi. Mais de quoi est fait l'homme d'action, si ce n'est d'un discours de force, de confiance, un discours profondément fondateur, constructif, valorisant ? Ne me parlez pas d'animalité, l'homme est un cerveau, qu'il le veuille ou non et d'ailleurs, que cela se voie ou non, tant il est vrai que certains individus font se poser la question... Mais si l'homme n'est pas toujours intelligent, il est toujours langage, comme tout animal de meute, horde, banc, troupeau, etc. L'action est modelée par le langage, le sens, la projection, l'habituation, la répétition, l'obligation.

Bien sûr, à l'opposé, il y a ce discours que nous jugeons creux car stupide, vide, ne nous apprenant rien, ne nous emmenant nulle part. Mais voilà, il serait peut-être temps de remarquer notre exigence, ici... Celui qui tient ce discours est-il une machine ou un humain qui cherche le pouvoir avec une méthode qui nous est rédhibitoire ? Bien sûr, on fustigera ces discours de galas, de meetings, ces discours convenus, bateau, longs et ennuyeux alors que nous attendons de pouvoir danser, poser les premiers parpaings, couper le premier arbre. Encore une fois, ce qui surgit, c'est notre attente, déçue. Pourtant nous avons besoin de discours, nous avons besoin de langage car cela fait partie du sens social, comme nous avons besoin d'action, pour les mêmes raisons. Ne serais-ce que pour agir ensemble, nous avons besoin de langage. D'ailleurs, regardez comme nous sommes friands de ces discours qui galvanisent, qui donnent envie de déplacer des montagnes, regardez la foi que nous mettons dans les concepts de liberté, de Dieu, de démocratie, toutes les actions que nous faisons au nom des idées qui nous excitent. 

Je dis tout cela, pourtant, je ne sais rien. Pour les taoÏstes, la pratique du zazen doit permettre d'être plus proche de soi, de se désempétrer des kilos de concepts et de pensées qui nous empêchent d'être "éveillés". Mais cette immédiateté n'empêche pas que, pour grandir, nous ayons besoin de concepts de plus en plus compliqués, de plus en plus nombreux, qui vont fonder notre liberté et à la fois notre capacité sociale. Sont tolérés tous les réflexes, ces actes sans pensée, qui construisent la vie ou du moins la paix sociale, même dans les sociétés les plus guerrières. 
Par ailleurs, j'ai embarqué dans le même voyage le discours, le langage, la parole, comme si ces concepts se recouvraient, c'est hautement discutable !
Une fois de plus, après avoir discouru, je n'en sais pas plus, car il n'y a pas de Vérité, il n'y a pas d'objectivité. En paroles comme en actes, en paroles agissante et en actes discursif, chaque être est profondément subjectif, quoiqu'il arrive. Il n'y a pas de meilleure raison de l'actant ou du discourant, nous avons besoin des deux, en même temps, car ils sont concomitant, contre toute apparence spatio-temporelle minuscule*. Il va bien falloir que j'admette que nous ne sommes que sujets, que c'est indépassable. 

Enfin, je crois...


______________________
*Avant de hurler, penser une seconde aux théories de la relativité, quantiques, des bosons, des branes, etc. 
Par Ardalia - Publié dans : Pensées
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